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Pollution en Corée du Sud : Comment se protéger ?

Depuis plusieurs années, la Corée du Sud est régulièrement citée parmi les pays asiatiques les plus touchés par la pollution de l’air, aux côtés de la Chine ou de l’Inde. Le sujet revient souvent dans l’actualité et il est vrai que, lors de certains épisodes, la visibilité peut fortement diminuer et l’air devenir difficile à respirer.

Une partie de cette pollution provient des pays voisins (environ 20% et 30% selon Greenpeace), notamment de certaines régions industrielles chinoises. Cependant, une proportion importante est également produite localement. En effet, la circulation automobile dense, l’activité industrielle et les centrales à charbon, contribuent à l’émission de particules fines.

Ces particules, appelées PM2.5, sont particulièrement surveillées car elles pénètrent profondément dans les poumons. Elles peuvent entraîner différents problèmes de santé : bronchite chronique, cancer du poumon, accident vasculaire cérébral, infarctus du myocarde, difficultés respiratoires, aggravation de l’asthme ou fatigue inhabituelle.

Lors de mes séjours en Corée, j’ai moi-même ressenti certains de ces effets, notamment des maux de gorge ou une sensation d’oppression respiratoire lors des journées les plus polluées. C’est pour cette raison que je souhaitais partager dans cet article quelques conseils simples pour mieux vous protéger si vous voyagez en Corée du Sud.

Pollution en Corée du Sud
Photo prise au Haneul Park (automne 2017) – Pollution plus que visible avec un indice rouge. La Namsan Tower est à peine perceptible.

Comment connaître les jours de pic de pollution ?

Avant toute chose, il est important de savoir que la pollution varie énormément d’un jour à l’autre. Certaines journées sont parfaitement claires, tandis que d’autres peuvent afficher des niveaux beaucoup plus élevés.

Heureusement, il existe aujourd’hui de nombreux outils pour suivre la qualité de l’air en temps réel dans n’importe quelles villes de Corée. Le site Aqicn vous indique l’état actuel du taux de particules en suspension dans l’air. À partir de 140, je vous conseille fortement de porter un masque si vous voulez éviter les problèmes respiratoires. En effet, je peux vous assurer qu’ils sont vraiment désagréables… Au-delà de 400, il est recommandé de rester chez vous si vous le pouvez. Si vous êtes en voyage, évitez les randonnées.

Niveau applications, je vous recommande AirVisual (Android & Apple) et Air quality (Android). Elles fonctionnent toutes les deux à peu près pareil. Elles vous indiquent le taux de particules dans l’air et, visuellement, un code couleur évolue en fonction du degré de pollution. Plus les couleurs virent vers le rouge et le violet, plus l’air est pollué.

Significations et recommandations des différents niveau AQI

Petite anecdote :

Sur Séoul, à la nuit tombée, la Namsan Tower vous indique également le taux de pollution de l’air. En effet, elle s’éclaire selon le code couleur énoncé précédemment.

The Real Reason Why The N Seoul Tower Changes Color At Night - Koreaboo

Comment se protéger à l’extérieur ?

Lorsque la pollution augmente, le réflexe le plus courant en Corée est de porter un masque anti-particules. Les Coréens y sont très habitués et vous en trouverez facilement dans les pharmacies ou même dans les supérettes.

Cependant, tous les masques ne se valent pas. Les masques chirurgicaux classiques filtrent assez mal les particules fines. Ainsi, il vaut mieux privilégier les masques certifiés KF80, KF94 ou KF99, qui sont validés par les autorités sanitaires coréennes et spécialement conçus pour filtrer les particules.

Si vous êtes simplement en voyage pour quelques semaines, un masque jetable efficace peut suffire. En revanche, les personnes vivant sur place optent parfois pour des modèles réutilisables avec filtres remplaçables.

Il est également important de choisir un masque bien ajusté. S’il laisse passer l’air sur les côtés, il perdra une grande partie de son efficacité. Le masque doit couvrir correctement le nez et la bouche et être remplacé régulièrement.

Lors des journées les plus polluées, essayez aussi d’éviter les activités sportives en extérieur. Une randonnée en montagne ou un footing peut paraître tentant… Mais lorsque l’on respire plus intensément, on inhale également davantage de particules.

Enfin, sachez qu’après un jour de pluie, l’air est souvent beaucoup plus agréable car les particules retombent au sol.

Comment se protéger à l’intérieur ?

Pour les voyageurs, cette partie est parfois moins essentielle, mais elle peut être utile si vous séjournez plusieurs semaines en Corée.

La plupart des logements, cafés et hôtels sont désormais équipés de purificateurs d’air, très répandus dans le pays. Ils permettent de réduire significativement la quantité de particules à l’intérieur.

Il est aussi conseillé d’aérer régulièrement votre logement, mais de préférence lorsque la qualité de l’air est correcte. Beaucoup d’habitants vérifient l’indice de pollution avant d’ouvrir les fenêtres.

Certaines personnes ajoutent également des plantes dans leur intérieur, même si leur efficacité reste limitée comparée aux purificateurs.

Enfin, rester bien hydraté et adopter une alimentation riche en antioxydants peut aider votre organisme à mieux gérer l’exposition à la pollution. D’ailleurs, le thé vert, très consommé en Corée, est réputé pour sa quantité importante d’antioxydants. Alors, si vous êtes amateur, faites-vous plaisir !

Pollution en Corée du Sud

Les mesures prises pour lutter contre la pollution en Corée du Sud

La pollution de l’air est devenue un sujet majeur pour le gouvernement sud-coréen. Ainsi, plusieurs mesures ont été mises en place ces dernières années pour améliorer la situation.

Le pays s’est engagé à réduire ses émissions de gaz à effet de serre et de polluants atmosphériques dans le cadre de ses objectifs climatiques nationaux. Le gouvernement a approuvé des plans ambitieux pour diminuer les émissions de carbone de 53 % à 61 % d’ici 2035 par rapport à 2018.  Cela implique ainsi une transition vers des sources d’énergie moins polluantes et une meilleure efficacité énergétique des bâtiments.

La Corée du Sud investit également davantage dans les énergies renouvelables et les technologies plus propres afin de réduire sa dépendance au charbon.

Des changements dans les transports et la gestion des pics de pollution

Dans les grandes villes, la circulation automobile fait aussi l’objet de nouvelles règles. En effet, les véhicules diesel les plus anciens peuvent être restreints lors des pics de pollution et certaines zones limitent progressivement leur accès.

Le pays investit également massivement dans les transports publics et les véhicules propres. Les bus électriques et à hydrogène se multiplient dans plusieurs villes et le gouvernement encourage fortement l’achat de voitures moins polluantes grâce à des subventions.

Lors des épisodes de pollution sévère, des mesures temporaires peuvent aussi être appliquées : réduction de l’activité de certaines centrales, limitation de la circulation ou encouragement à utiliser les transports publics.

Enfin, le gouvernement coopère davantage avec la Chine sur les questions de pollution transfrontalière, notamment via des programmes de surveillance et de réduction des émissions.

Malgré ces efforts, des épisodes de pollution continuent d’apparaître ponctuellement. Par exemple, fin 2025, Séoul figurait encore parmi les villes les plus polluées du moment lors d’un pic hivernal, avec un indice de qualité de l’air considéré comme malsain.

Pollution en Corée du Sud
Photo de la Lotte Tower (printemps 2018) – On peut observer une vraie séparation du ciel. Indice de pollution orange.

Faut-il s’inquiéter pour un voyage en Corée du Sud ?

La pollution est un sujet réel en Corée du Sud, mais elle ne doit pas forcément vous empêcher de découvrir le pays.

La majorité du temps, les niveaux restent modérés et les épisodes les plus intenses ne durent généralement que quelques jours. Avec les outils de suivi et les mesures mises en place, il est aujourd’hui beaucoup plus facile d’anticiper et de s’adapter.

Un peu de préparation, un masque dans votre sac et une application pour suivre la qualité de l’air et vous serez prêt à profiter pleinement de votre séjour.

En dehors de ces épisodes ponctuels, la Corée du Sud reste une destination passionnante à découvrir !

Et vous ? Avez-vous déjà ressenti les effets de la pollution en Corée ?


Sources :

À propos de l’auteur

Passionnée par les cultures asiatiques depuis mon enfance, j’ai découvert la Corée du Sud à 14 ans, un véritable coup de cœur qui ne m’a jamais quittée. Diplômée en Communication et voyageuse régulière en Asie, je partage depuis près de 10 ans sur ce blog mes conseils pratiques et mes meilleures astuces pour vous aider à préparer votre voyage en Corée du Sud.

8 Commentaires

  • Tifany Leandri
    11 janvier 2021 at 00:43

    Merci beaucoup pour tes articles très intéressants ça m’a beaucoup appris ! Continue comme ça ♡😊

    Répondre
    • Julia
      11 janvier 2021 at 11:06

      Mercii Beaucoup Tifany ☺️😘

      Répondre
  • hikowoon
    3 mai 2018 at 19:07

    C’est une bonne idée de parler de ce sujet ! C’est vrai que lors de mes virées à Séoul je sentais direct la différence entre la campagne et ma soeur y a été très sensible, ça a été compliqué de savoir quel masque choisir 😣
    En tout cas l’article est super détaillé, ça va en aider plus d’un 😀

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    • Julia
      4 mai 2018 at 05:17

      Merci pour ton retour 🙂 C’est vrai qu’on voit très vite la différence avec la campagne^^. Le problème de la pollution c’est aussi que chaque personne réagit différemment. Du coup, ce n’est pas toujours évidemment :/.

      Répondre
  • Pauline
    3 mai 2018 at 16:19

    Merci pour cet article très utile et complet sur le sujet ! Il y a beaucoup de types de masques que je ne connaissais pas, notamment les non-jetables.ou avec recharge (je n’ai pas trop vu ce type de modèle en Corée mais je suppose qu’on peut trouver). Le printemps devient déprimant d’année en année à Séoul 🙁

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    • Julia
      3 mai 2018 at 16:23

      Je suis contente de savoir que cet article t’est utile 🙂 C’est vrai qu’au printemps il y a énormément de pics de pollution :/

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  • Alma
    3 mai 2018 at 13:00

    Wow, à aucun moment je n’aurai pensé à quel point c’est important les problèmes de pollution et je n’aurai jamais pensé à m’en protéger. Habitant en Suisse je suis naïve de croire que l’air est pure partout. Enfin bref, mieux vaut tard que jamais ! Je te remercie grandement pour cet article qui conservera ma santé !

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    • Julia
      3 mai 2018 at 16:13

      Merci beaucoup pour ton commentaire ! C’est vrai qu’il vaut mieux se protéger lorsqu’on voyage dans certains pays ou la pollution est importante. Je l’ai d’ailleurs appris sur le tas en voyageant régulièrement en Corée. On se rend vite compte que les effets de la pollution sont néfastes pour la santé et qu’il est important de protéger notre planète.^^

      Répondre

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